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Intervention du Ministre des Finances, Monsieur A.Benkhalfa à l’APN consacrée à l’examen du projet du la LF 2016

Lors de son intervention le Mercredi 25 novembre 2016 à l’Assemblée Populaire Nationale consacrée à l’examen du projet du la Loi de Finances 2016, le Ministre des Finances Monsieur A.Benkhalfa a déclaré que nous prenons en considération simultanément les demandes transversales et spécifiques en vue de faire face aux exigences de la société.

Cette période et cruciale, mais prometteuse sur le plan des défis, c’est pourquoi le débat doit porter sur le développement et non sur la stagnation.
Ce projet de loi de Finances 2016 a pour objectif d’atteindre une économie émergente avec un pays émergent.

Pour ce qui est des recettes pétrolières , le Ministre des Finances, Monsieur A.Benkhalfa a souligné qu’avec ces recettes pétrolières, l’Algérie était en période d’aisance financière et que cette manne pétrolière a été dépensée dans les projets suivants, notamment :
• La construction de 2 millions de logements, de 2300 écoles primaires , de 540 lycées , de 122 établissements universitaires.
• La réalisation de 800 km de rails ferroviaires, de 300 établissements publics, de 120.000 km de routes et d’autoroutes.

Lors de son intervention à l’Assemblée Populaire Nationale, le Ministre des Finances, Monsieur A.Benkhalfa, a déclaré que la gestion des revenus pétroliers, dans le contexte actuel des cours du brut, devrait se faire avec prudence.
Dans ce sillage, il a fait savoir que l’Algérie avait pu ramener le montant de ses investissements additionnels dans les infrastructures de base de 4.700 milliards DA (mds DA) sur la période 1990-2000 à 18.000 mds DA en 2000-2009 avant d’atteindre 25.000 mds DA en 2009-2014.
Il a tenu à préciser que l’Etat a investi dans la prospérité sociale et c’est vers cela qu’a été orienté l’argent du pétrole, en indiquant que grâce à ces réalisations, l’Algérie est classée 93ème pays au monde sur un total de 187 dans l’indicateur du développement humain (IDH) du Programme des Nations-Unies pour le développement (Pnud).

Monsieur A.Benkhalfa a déclaré que sur le plan financier, les recettes de l’Algérie ont connu une baisse de 50% en raison de la chute des prix du pétrole, ce qui nécessite de compenser cette diminution par des ressources locales. Pour cela, Il a précisé que les banques et le trésor public sont entrain d’améliorer l’épargne qui constitue un élément fondamental dans le financement de l’investissement.

Selon lui, les « pertes en termes de ressources financières enregistrées par l’Algérie en 2015 suite à la baisse du cours du pétrole ont été compensées ». Comment ? « Nous avons pu récupérer les 500 milliards de DA grâce à nos ressources internes, en puisant dans l’épargne des entreprises publiques et privées ».
A ce propos , il a indiqué que dans les prochaines années, la politique du gouvernement reposera sur l’investissement intensif en précisant que l’Etat ne va plus se contenter de l’investissement dans les infrastructures mais plutôt dans l’exploitation de ces dernières.

Le Ministre des Finances, Monsieur A.Benkhalfa a indiqué que l’Algérie dispose de milliers d’universitaires qui ont suivi leurs études à l’étranger, ce qui nous incite à exploiter ces capacités ainsi que toutes les infrastructures et les ressources humaines, c’est-à-dire le passage à un mode de management fondé sur la modernisation.
Il est primordial aujourd’hui de substituer la croissance au développement et ce, en finançant l’investissement économique par le marché au lieu de la dépense publique.
Pour cela notre économie ne doit pas être tributaire des recettes pétrolières, dont le prix est sujet à des fluctuations , mais, plutôt , de notre épargne et ressource locale.

Le Ministre des Finances, Monsieur A.Benkhalfa a réaffirmé le maintien du gouvernement de sa politique sociale mais tout en relevant la nécessité de revoir progressivement cette politique . A cet effet, il indiqué que le gouvernement a commencé à réfléchir sur le passage d’un système de subventions généralisées à celui de subventions ciblées.
Il a ajouté que parmi les autres pays exportateurs de pétrole, il n’en existe aucun qui continue à consacrer 19 milliards de dollars aux transferts sociaux au moment où les prix du pétrole sont à leur plus bas niveau.
Le ministre des Finances n’a pas manqué de préciser que les nouvelles dispositions du projet de loi relatives aux augmentations des prix de produits énergétiques étaient bien étudiées et que plus de neuf (09) millions de ménages ne seront pas touchés directement par les augmentations de ces produits prévues dans le projet de la loi de finances pour 2016.

Le ministre a également expliqué que ces augmentations visaient à réduire l’important écart entre le coût de revient et le prix de cession de ces produits en insistant sur la révision de la politique de subventions dans la conjoncture actuelle marquée par une la baisse des revenus des hydrocarbures.

Selon le Ministre des Finances, Monsieur Abderrahmane Benkhalfa, les dispositions du projet de la loi de finances pour 2016 ont pour objectif d’assurer un équilibre des agrégats macro économique de l’Etat, du marché et des consommateurs et la préservation des classes démunies.

S’agissant de la règle 49/51% régissant l’investissement étranger, il a assuré que cette règle est non seulement maintenue mais aussi élargie au commerce de gros et aux services.

Le Ministre des Finances, Monsieur Abderrahmane Benkhalfa s’est demandé sur la possibilité de l’existence d’un pays à travers le monde qui finance ses investissements à raison de 100 % de fonds publics et a souligné, à cet égard, la nécessité que les financements et les crédits soient obligatoirement tirés des ressources locales, et par ce qui est communément appelé les ressources alternatives qui n’incluent pas les intérêts, en sus des ressources avec des marges.
Monsieur Abderrahmane Benkhalfa a déclaré que : « L’Algérie ne vit pas seule. Nous avons une économie émergente. En en 2015, il n’est pas normal qu’on exige encore que le capital d’une société publique doit être détenu à 100% par l’État ».

Quant à l’article 71 du projet de la loi de finances pour 2016 qui propose l’introduction d’un mécanisme budgétaire permettant au Ministre des Finances d’annuler ou de geler des projets à travers des décrets d’ajustement.
Monsieur Benkhalfa a indiqué que cette pratique, répandue de par le monde, vise à consacrer le principe d’une gestion prudente des ressources de l’Etat et qu’elle allait contribuer à diversifier ses ressources de financement puisqu’il n’est plus possible de continuer à financer l’investissement par le budget uniquement.

Toutefois, il est indispensable, a-t-il ajouté, de modifier la destination des crédits aux autres secteurs, ce qui permet de réagir en toute célérité et de prendre en charge les éventuelles situations.

Monsieur Abderrahmane Benkhalfa a expliqué que la disposition qui consacre la possibilité d’ouverture du capital des entreprises publiques économiques (EPE) à des résidents nationaux, n’est pas du tout en contradiction avec le principe de la souveraineté économique du pays.

Le ministre des Finances a expliqué que le projet de loi de finances 2016 consacrait trois principaux éléments: le maintien de la politique sociale, la prudence dans la gestion des ressources de l’Etat et l’accélération de la croissance économique.

Selon le Ministre, nous allons passer d’une économie de développement à une économie de croissance en notant que le gouvernement a une vision moderne pour atteindre l’objectif de l’émergence économique ».

A cet effet , Monsieur Abderrahmane Benkhalfa a mis en exergue la nécessité de moderniser la gestion des secteurs des impôts, du domaine national et du budget. Il a également rappelé qu’à l’avenir les ressources seront limitées et les recettes provenant de la fiscalité pétrolière ne peuvent être un critère de prospective. Nous devons , compte tenu de la conjoncture actuelle, accroître les recettes ordinaires.

Dès lors, on est tenu de moderniser l’administration, les banques et les instruments de management pour atteindre une économie émergente et un pays émergent.

source : mfdgi.gov.dz